Perplexité (rencontre couple)

On discute peu virtuellement. On décide de se rencontrer sans connaître leur visage. Après tout, ce n’est qu’un apéro et ces cheveux courts et rebelles me captivent. J’ai envie de découvrir qui se cache dessous.

On est en terrasse avec E, il fait bon. Un air un peu frais. Ils nous rejoignent. Ils ont chacun un style vestimentaire particulier, assez éloigné du nôtre qui est plutôt basique. Mais c’est aussi ce qui nous a attirés. L’opportunité de rencontrer des personnes différentes de nous ou de celles que nous connaissons déjà.

La discussion s’engage facilement. On parle de nos déboires sur Wyylde. On rigole rapidement. J’observe leur complicité qui dégueule joliment de partout. Une dynamique différente de celle que nous avons avec E. Un écart d’âge important alors qu’E. et moi avons grandi ensemble. Une relation plus récente, plus fusionnelle. Deux personnes qui évoluent aussi dans des sphères bien éloignées des nôtres. Mais on trouve facilement un terrain d’entente avec des rires partagés.

L’homme nous propose d’aller chez eux. On marche, chaque couple l’un derrière l’autre, main dans la main. 

On arrive. On boit un ou deux verres de rhum. On choisit chacun notre tour une musique en trouvant des blagues sur le nom des chanteurs. C’est amusant. Je n’ai même pas envie d’aller plus loin à cet instant, le moment est déjà suffisamment agréable en soi.

La soirée prend son temps. Puis l’homme se rapproche de sa compagne, lui soulève sa robe pour remettre délicatement son bas qui semblait glisser. Je choisis la chanson. Elle semble les étonner et leur plaire, ils la connaissent aussi. Ma main se retrouve sur la cuisse de la femme. Je ne sais plus si c’est moi qui la mets à cet endroit ou si c’est son compagnon qui l’y dépose.

On se retrouve à 4 sur un canapé 3 places à s’embrasser, se caresser. Ils nous proposent alors de prendre une douche tous ensemble. On est un peu surpris pour avoir vu la taille de la salle d’eau et de la douche. E. ne tient pas debout dans cette pièce. On dirait un concours pour faire rentrer le plus de pesonnes dans une cabine téléphonique. On se débrouillerait pas mal à ce jeu d’ailleurs. On rigole à 4, on essaie tant bien que mal de se laver. La savonnette glisse par terre. On se retrouve à devoir se rincer de multiples fois à cause des mains baladeuses pleines de mousse.

Ils nous prêtent une de leurs deux serviettes qui sont sorties et qu’il ont dû utiliser ce matin.

Ca nous fait sourire. On a mis de l’eau partout.

On se retrouve tous les quatre debout dans le salon. On s’embrasse. Je me retrouve à faire un peu ma fainéante, les deux queues sont dans les mains de la fille. Tant pis, je me laisse doigter et je laisse mes mains se balader où elles veulent. Ma bouche va d’abord vers celle d’E.

L’homme propose de déplier le canapé. Il installe le drap housse pendant que l’on reste à 3. Il y a un côté amusant à le regarder faire cette tâche practico-pratique pendant que l’on continue de se palucher à 3.

Il nous retrouve. Je me mets à genoux pour sucer E. Je dois sûrement me faire caresser les cheveux, le dos, peut-être les seins en même temps. Je ne sais pas ce qu’il se passe autour de moi. Ils sont tous les deux de leur côté, tout en étant proches de nous. Le mec éjacule doucement sans autre forme de procès. La playlist était étonnamment passée sur une gnossienne d’Erik Satie. Dans la lignée de notre petit jeu d’apéro, on fait un jeu de mot comme on peut  “Erik Sajouit ?”,“Erik Sagicle” ?.

On passe sur le lit. On se retrouve toutes les deux sur le dos, à se faire lécher par nos compagnons respectifs. On se regarde et s’embrasse. Je fais ensuite venir E. à moi. il s’allonge et je m’installe au-dessus de lui, je positionne sa verge à l’entrée de mon sexe.

Pendant ce moment, on se retrouve chaque couple dans une petite bulle. On les entend se chuchoter à l’oreille.

Et là, l’homme nous dit “euuuuh, excusez-moi de vous couper. Depuis tout à l’heure je ne me sens pas très bien”.

E. a tout de suite le réflexe de se lever, de dire “on va y aller”. De mon côté je ne sais pas s’il s’agit de nous faire partir ou de nous signaler que ça ne va pas et de voir ensemble comment poursuivre la soirée. J’essaie d’en savoir plus “c’est vrai que tu n’as pas l’air bien. C’est pas grave, on pourra se revoir une autre fois”. Et j’obtiens pour seule réponse “non mais c’est pas vous hein”. Pas de “mais vous pouvez rester” ou “je suis vraiment gêné, si ça ne vous dérange pas de partir”, ou “on pourra remettre ça à une autre fois” ou “vous voulez un verre d’eau” ou “prenez votre temps”.

Dans un niveau de perplexité élevé, on retrouve nos habits au sol et on les enfile. J’abandonne E. pour prendre un verre d’eau de mon propre chef.

Je reviens dans le salon dans une ambiance froide. Je mets mes chaussures, je prends mon sac à dos. On se fait une accolade à l’anglo saxonne (serrage dans les bras et petite tape dans le dos) et ils nous font sortir.

On se retrouve dans la rue, à 1h30 du matin. Plus de métro. Des personnes inquiétantes nous accostent. On galère à trouver un taxi. Et surtout, on fait la grosse moue.

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