Premier trio

Tu as l’air de mieux te rappeler que moi ce qu’il s’est passé. C’est vrai que j’étais bien occupée. J’ai trouvé que le temps s’est écoulé à une vitesse folle. Tout s’est enchaîné si naturellement que la scène me paraît lisse, sans que je n’ai eu à m’attacher à de quelconques détails. Simplement me laisser bercer par l’instant.

On s’est rencontré sagement autour d’un déjeuner. Un baiser prometteur. Un deuxième, un troisième. Et on s’est abandonné sur un trottoir, un gros sourire accroché au visage.

Je ne suis pas superstitieuse mais j’aime les signes insignifiants qui viennent conforter  mes décisions. Pour nous, cela aura été la spontanéité et la facilité de l’organisation. Déjà, ce déjeuner décidé à 11h. Ensuite, cette rencontre à trois programmée quelques jours plus tard sans difficultés. Et puis cette exposition sur le clitoris ! Je préférais celle sur les étoiles mais E et toi vous êtes accordés pour celle-ci. Encore un signe ? Une première complicité partagée avant même de vous connaître ?

Qu’est-que j’ai aimé ta gueule. Si je me souviens bien, tu dois au moins avoir un petit grain de beauté à un endroit qui m’a plu. Peut-être à un ou deux centimètres de l’aile du nez gauche ? Je ne sais plus car j’étais plongée dans ton regard. Laisse-moi le retrouver la prochaine fois.

On ne peut pas dire que l’on se connaît, on ne peut plus dire que l’on ne se connaît pas. Je sais que tu es curieux, que tu as une tendance à stresser, que tu rêves de plus de liberté, que tu as une appétence pour les sciences, que t’en connais un rayon sur les rayons de crèmes, que tu as de beaux meubles en rotin, que tu as besoin de vibrer, que tu t’adaptes avec finesse… Je sais qu’on s’est plu.

Une expo assez marrante. E et toi vous découvrez à travers vos réactions et questions sur l’anatomie féminine. Il me semble que vous partagez une curiosité scientifique, technique et mécanique. Cela me rassure. Un bref moment, je me retrouve seule avec E. Je lui dis “t’as vu, j’ai bien choisi ?” Il est d’accord. 

On boit un verre pour discuter sans avoir une reconstitution de bassin et des organes qu’il y a dedans entre les mains. Je me retrouve la seule à prendre une bière, avec deux mecs qui boivent du Perrier… Allez, je suis bonne joueuse et je prends cela encore comme un deuxième signe de votre complicité et goûts partagés.On se décide tous les trois à t’inviter chez nous. C’est juste à côté.

On rentre. On part tour à tour se laver les mains. D’abord moi. Je reviens. Tu pars. Je me retrouve seule avec E. Je l’embrasse. Tu reviens. E. part. Je t’embrasse. E. revient et nous retrouve. La dynamique à trois est lancée. Aussi simple que cela.

Entre deux baisers ou deux caresses, on ramène les bières du frigo. On les boit très lentement. Elles sont posées sur la table et nous sommes debout à côté. Pendant que l’on s’embrasse, E. m’enlève ma robe. C’est facile pour lui. Cette robe portefeuille bleu roi glisse comme un peignoir, un simple nœud à défaire. 

Ensuite, je t’avoue que c’est confus. J’aimerais me souvenir de chaque instant mais à défaut, je me souviens de l’atmosphère. Il me semble que l’on est à l’aise. Es-tu d’accord ? Que les gestes ne sont pas réfléchis et arrivent les uns après les autres, avec simplicité. Tu m’as dit m’avoir léché les tétons. Je te crois sans douter. Qui t’a déshabillé ? Toi ou moi ? En tous cas, on s’est retrouvé tous les trois nus assez rapidement, simplement sur le parquet.

Je suis au milieu de vous. Je n’ai qu’à me tourner pour passer d’une sensualité à l’autre. D’une main sur mes seins à une autre main au même endroit. D’une langue à une autre. J’ai envie de goûter vos queues. Que vous puissiez bien m’observer. Que cette vue vous excite, autant que je le suis déjà. Que fait E quand je commence à te sucer ? Me caresse-t-il ou se caresse-t-il ? Peut-être les deux ? Tu te rappelles, toi ? En revanche, quand je change de queue, et prends E en bouche, je crois me retrouver à quatre pattes et que tu profites de ce moment pour venir me pénétrer. Tu sais que tu es le bienvenu ?

Je me tourne vers E. et lui dis silencieusement du bout des lèvres “je t’aime” alors que tu es dans mon dos. E. me répond d’un regard intense. Je trouve ce moment sublime. Je me tourne vers toi, te dévisage et d’un regard, j’ai la sensation de te déguster.

On reprend sûrement quelques gorgées de bière tout en changeant de position et en échangeant quelques paroles. Je demande à E s’il a du gel. J’en rigole encore. Je n’avais pas cette utilisation en tête mais pourquoi pas… On est à la fois curieux, excités et amusés du défi. Je vais te chercher un coussin à glisser sous ta tête. Ce parquet n’est pas très confortable mais on n’ose pas quitter cet endroit où l’alchimie s’est créée. 

E. étale le gel sur son sexe et mon anus. Il s’enfonce assez facilement et gémit son excitation. Tu es allongé sur le dos, la verge dressée. On se déplace comme une seule bête avec E. pour pouvoir t’enserrer le sexe de mon vagin. On en conviendra tous, c’est excitant mais inconfortable. On choisit sans un mot de laisser E. mener le rythme. On bouge comme on peut pour s’adapter à son plaisir. Alors il jouit.

Ce moment était un cadeau. Nous pourrions continuer jusqu’à ce que chacun d’entre nous jouisse. Mais pourquoi finalement ? On est fatigués, contents et puis on se reverra.

On se reverra, dis ?

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