Quel chemin pour s’aventurer au libertinage ? #1

En couple depuis une quinzaine d’années, nous nous sommes rencontrés à 20 ans lorsque nous étions tous deux étudiants. Dès lors, nous avons grandi côte à côte, empruntant le même chemin.

C’est mon premier vrai petit ami. La première personne à qui je dis « je t’aime ». Après une ou deux brèves expériences sexuelles peu intéressantes, c’est aussi la personne avec qui je découvre ma sexualité.

Je suis d’abord timide, pour ne pas dire « coincée ». Au départ, je suis silencieuse tout au long de l’acte, ça le perturbe. Il s’imagine que je ne prends pas de plaisir. On en parle au bout de quelques semaines et ça ressemble à une première dispute. Une dispute saine qui améliore progressivement la situation. Je ne me souviens plus précisément, mais on fait rapidement nos curieux. On essaie des choses que l’on ne refera plus du tout, ou plus pendant des années, comme s’attacher, manger l’un sur l’autre, se bander les yeux, se planquer en forêt. C’est avant tout plus ludique que sensuel.

Nos études nous amènent à avoir régulièrement de longs mois de relation à distance mais aussi à habiter ensemble rapidement, après quelques mois passés ensemble. On se sent sûrs de nous. Pas de questionnement, tout est évident.

On est parti pour durer. Et notre sexualité évolue au gré des périodes. On connaît de longs moments où il ne se passe pas grand-chose, ou le minimum vital. Régulièrement, on prend le temps de s’en parler. On s’accorde sur le fait que l’on pourrait et devrait un peu plus se motiver, que c’est comme le sport. On est content les fois où l’on s’y met mais le plus difficile est de mettre le pied à l’étrier. C’est un sujet qui revient souvent. Mais il ne nous met pas en danger car on est en accord. On en discute et on est prêt à améliorer la situation, même si des fois on reporte le sujet à plus tard.

On a des périodes où l’on se « réveille » et surtout, quand on s’y met, c’est toujours bon. Mais là où cela devient plus intéressant de mon point de vue, c’est lorsque l’on cherche à avoir un enfant. Oui, c’est tard, plus de 10 années après le début de notre relation. Cela ne veut pas dire que rien d’intéressant ne s’est passé avant. Néanmoins j’identifie cette période comme un tournant de notre sexualité.

De la même façon que si l’on avait pris un abonnement à la salle de sport engageant, on se motive régulièrement à baiser et à aller jusqu’à la pénétration. Oui, c’est une de nos particularités qui vaudra certainement un article dont j’imagine déjà le titre provocateur “baise-t-on comme des lesbiennes ?”. Et on baise joyeusement, spontanément, tout en variations mais surtout, ce qui est plus nouveau : rapidement et efficacement.

Je me rappelle en particulier ces vacances au soleil, ce grand hôtel dans lequel on s’est baladé, du balcon où on a pris le soleil, de cet autre balcon où l’on s’est rafraichi la nuit. Et de cette complicité entre nous. De nous sentir en mouvement, toujours en train d’évoluer.

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