La 1ère jolie opportunité #3

Après ce premier baiser, nous patienterons deux semaines avant de nous revoir. Cette attente est cadencée par des rivières de messages. Je reste bouche bée lorsque tard le soir, les échanges deviennent plus sensuels. Je suis réellement embêtée de ne savoir quoi écrire quand j’ai pourtant envie de prolonger et creuser cette voie de discussion.

Si mes souvenirs sont fidèles, je réussis à écrire que je ressens une chaleur dans mon bas-ventre. C’est le summum de ce dont je suis capable, à ce moment.

On se retrouve un midi. Une chambre d’hôtel déjà réservée. On se rejoint masqué. Cela m’arrange finalement, ce masque et cette possibilité donnée de pouvoir maintenir aisément une première distance. On décide d’aller chercher un repas à emporter. On est gauche, on ne sait pas où aller, on se suit alors qu’aucun de nous deux sait où il va. On fait semblant que l’on est simplement en train de commander des sushis. Mais ? On est vraiment juste en train de commander des sushis !

On entre dans l’hôtel. Je fais des efforts pour ne pas paraître trop gênée d’arriver à cette heure et de répondre que non, nous ne prendrons pas de petits déjeuners. Je paie en chèques vacances, au-delà de l’aspect pratique, le côté décalé de la chose m’amuse intérieurement. Une après-midi de vacances à Paris, sous une pluie d’hiver.

On se met à l’aise. On enlève les manteaux, il retire ses chaussures, on ôte les masques. Ma mémoire est défaillante mais on doit sûrement s’embrasser à ce moment. On s’installe sur le bureau de la chambre pour manger nos sushis. On papote et on prend notre temps. Sûrement un peu trop, pour repousser le moment où le plateau sera vide et que l’on ne saura plus quoi faire.

On finit par comprendre qu’il faudrait que l’on s’embrasse. Il me retrouve sur ma chaise. On se lève furtivement pour mieux s’allonger sur le lit. On s’embrasse longtemps, tout vêtu. Je me décide pour commencer à le déshabiller. Il me suit minutieusement avec un vêtement de décalage. Je trouve cela marrant et étrange de défaire une ceinture que je ne connais pas. De découvrir la couleur du boxer qu’il a choisi de mettre ce matin.

On se caresse, on se frotte. Il descend dans le lit pour me lécher. J’ai cette pensée saugrenue et complètement déplacée qui me vient en tête en le regardant dans cette position : “tiens, avec sa barbe, ça ne lui fait pas cette moustache ridicule quand il relève sa tête”.

J’apprécie. L’excitation monte mais elle atteint chez moi un palier insuffisant pour me mener jusqu’aux tremblements attendus. La partie haute de mon corps se sent délaissée dans cette position. J’ai envie d’occuper mes bras, ma bouche, mes mains, que mes seins soient écrasés, caressés, pincés au gré des situations.

Il remonte pour continuer son entreprise en me caressant. Moi aussi je peux occuper mes mains agréablement. Je suis déstabilisée par cette nouvelle queue. Je n’arrive pas à m’assurer qu’elle soit complètement en érection. Celle que je connais ne laisse que peu de place aux doutes. Non, à bien y réfléchir, elle n’en laisse simplement aucune. J’ai une pensée furtive et déconcentrante pour mon amie Catherine avec qui nous avons échangé la veille ou l’avant-veille sur une étude, sûrement très sérieuse, sur le fait que le sexe des amants mesurerait 0,7cm de plus que celui des maris. Avec un conjoint de près de 2m, la taille n’est de toutes façons pas un de mes critères.

Troublée, je déplace mes caresses vers d’autres endroits de son corps, j’y reviens. Puis j’abandonne pour me laisser faire. Je suis agréablement surprise par sa maitrise et l’efficacité de sa technique sur mon corps. Mes muscles se tendent progressivement. Mes jambes se contractent, à en avoir mal aux cuisses. Puis l’onde remonte par mon bas-ventre pour parcourir le reste de mon corps. Je m’accroche à ce que je peux. Ses épaules, ses hanches, les draps. Je jouis sans gêne. Je ressens même du plaisir à dévoiler sans pudeur ma façon de vivre l’orgasme. C’est comme si c’était un cadeau que j’étais heureuse d’offrir. Cela peut sembler prétentieux. Mais je vais découvrir plus tard que je reçois aussi la jouissance de l’autre de cette façon : une part d’intimité offerte.

Il a d’ailleurs l’air satisfait de recevoir ce cadeau. De la même façon que j’ai dû initier le dévêtissage, je me retrouve à lui demander s’il n’a pas de capotes.

Je m’installe au-dessus de lui et le fais entrer en moi. Assez rapidement, il ressort, se lève du lit, attrape un chocolat sur la table de nuit et sans un mot, rejoint la salle de bain. Je suis interloquée. Je n’ose rien lui demander quand il revient.

On se retrouve alors à bouffer des chocolats, nus, au pieu, en parlant de tout et de n’importe quoi. Je fais même quelques positions de yoga à poil. On rigole. On est tranquille. Je savoure ce moment et la bonne utilisation de ces chèques vacances.

Le temps file. On partage une douche sensuelle. Un peu fraîche mais doucement agréable. J’aime comment il prend son temps. Il se presse sans que cela ne se remarque, c’est élégant. On se rhabille, on remet nos masques, on vide la chambre.

On rend les clés à l’accueil. On nous demande si l’on reviendra plus tard dans la soirée. Non, pas aujourd’hui…

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