La première jolie opportunité #2

J’ai posé ma demi-journée pour le retrouver en milieu d’après-midi. On est au mois de décembre et tout est fermé. Il fait évidemment froid mais on se retrouve tout de même dans un jardin. 

On s’assoit sur un banc. Tout est calme autour de nous. On parle. Il est bavard mais cette fois il s’essouffle. Je prends le relai. J’ai préparé un vrai questionnaire en ligne à lui faire passer. Oui, parfois je pars un peu loin dans mes idées farfelues si elles m’amusent et me stimulent suffisamment.

C’est un questionnaire qui me paraît à l’époque déjanté et qui maintenant, en le relisant avec mes nouveaux yeux, me paraît joliment mièvre. Mais il est bien plus impressionnant d’aborder des questions intimes avec les personnes que l’on connaît depuis un petit moment qu’avec de quasi inconnus.

Entre autres, je le questionne sur ses principes, s’il culpabilise lorsqu’il ne les respecte pas, s’il considère l’obtention du résultat plus ou moins important que le désir y menant. Je lui demande ce qu’il imagine que je suis venue faire aujourd’hui, quels sont ces 2ème et 3ème prénoms, si l’on peut s’épanouir en étant sage et raisonnable. J’ai également quelques questions bonus, dont certaines inspirées par mon amie Catherine (*nom transformé par soucis de confidentialité) sur la féminité, les poils et la tendance au “no bra”. 

Bien sûr, je lui demande s’il a toujours respecté l’article 212 du code du mariage à savoir la fidélité. Je suis surprise de découvrir que oui. Plus que surprise, je suis en fait déstabilisée. Une grande partie de ce que j’ai imaginé de lui est déconstruite. J’apprends qu’il m’observait depuis longtemps. J’apprends que j’aurais pu laisser des signaux faibles malgré moi, pendant plusieurs mois. Cela m’inquiète. Comme je lui explique, il est pour moi une jolie opportunité non planifiée.

L’heure avance. La nuit tombe. Nous retournons au bar extérieur de notre précédent rendez-vous. Je suis gelée. J’ai mon bonnet, ma capuche, mes gants.

On boit une ou deux bières. Certainement plutôt deux qu’une. Je prends le temps de le dévisager pendant qu’il me parle. Il a un regard doux et profond, une belle peau, une barbe de quelques jours. Un visage viril. Sa voix m’envoûte. Je ne sais pas si je l’écoute encore à ce moment. Je suis contente d’être là même si mes mains, mes pieds et même mes fesses brûlent de froid !

On parle lunettes, j’essaie les siennes. Je les lui redonne et il m’embrasse. Sans surprise, je me laisse faire et je participe même. Cela fait plus de 15 ans que je n’ai pas accueilli dans ma bouche une autre langue que celle de ma moitié. J’apprécie ce goût de nouveauté. A travers ce baiser j’entrevois une autre sensualité.

Il me raccompagne à mon vélo garé dans un endroit plus discret. On se retrouve collé-serrés à se rouler une pelle comme des ados. Ce ne serait pas d’ailleurs ce que nous sommes à ce moment-là ? On efface les 15- 25 années précédentes et l’on se téléporte au pied d’une bicyclette.

Il arrive à se faufiler sous mes vêtements, à franchir la barrière de mon manteau, mes deux pulls, mon sous-pull, mon débardeur… C’est un exploit ! Il arrive même à me caresser un de mes seins. Je ne sais pas non plus comment j’ai fait, mes mains ont réussi à ouvrir son manteau, sortir sa chemise de son pantalon et à lui frôler les hanches. Je devine à l’aveugle et au toucher ses formes et sa pilosité. Je découvre que ça ne me déplaît pas.

Nos caresses sont glaciales, le baiser est chaud. Je bascule mes hanches vers l’avant pour m’assurer que son sexe est dur.

C’est bon mais il faut rentrer maintenant. Je repars en bicyclette, le visage couvert d’un sourire encore humide.

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