La première jolie opportunité #1

Ma première rencontre extra-conjugale qui m’a fait ouvrir la porte donnant sur un pré d’opportunités !

C’est une connaissance un peu lointaine qui prend gentiment de mes nouvelles pendant cette année de confinement. Nous commençons une histoire épistolaire clairsemée sur plusieurs mois.

Il connait mes problèmes d’insomnie, il me dit qu’il aimerait réussir à m’endormir.

Je suis sous la pluie, il me dit qu’il aimerait que j’aie du soleil.

On porte tous des masques, il me dit qu’il aimerait voir mon sourire.

Ses messages me font d’abord sourire. Ses messages éveillent ma suspicion. Ses messages sont ponctuellement relayés à mon conjoint. Mon conjoint n’est pas suspicieux. Mon conjoint rigole et sait.

Au bout d’une année d’échanges ponctuels, notre discussion s’intensifie sans que je ne puisse me rappeler des raisons.

Nous entrons quasi officiellement dans un jeu de séduction à distance. Le principal thème de ce jeu est “la sagesse”.

Je me moque d’abord de lui car quand je m’apprête à aller boire des bières dans un parc (les bars sont fermés), lui commence un livre sur la première guerre mondiale.

Il semble pourtant confiant sur le fait que ce n’est pas lui le plus sage. Je le prends au mot et suppose qu’il a l’habitude de draguer d’autres femmes que la sienne.

Lorsque mon conjoint me donne explicitement l’autorisation d’aller aussi loin que je le désire avec cette histoire, je me sens d’humeur joueuse.

Je me méfie un temps de sa volonté de passer à l’acte quand il n’est pas très réactif pour proposer une rencontre concrète. Mais nous nous retrouvons finalement un soir de novembre, après le travail. 

Je suis gênée des pensées qui me viennent en tête quand je l’aperçois de loin “ouhhh ! je ne suis pas certaine qu’il me plaise. Et ce sac d’ordi Logicase, est-ce que ça ne devrait pas être éliminatoire ?”. 

Par chance en cette période de restrictions sanitaires, le temps est acceptable et nous trouvons un bar extérieur où siroter une bière.

Nous ne sommes presque pas gênés par la situation et la discussion est naturelle. Le temps passe vite, il a un train à attraper. Je l’accompagne à son quai. On monte à l’arrêt, sur les escalators de la gare. Je suis deux marches en-dessous de lui. Ma tête arrive peut-être au niveau de son torse. Nos regards se croisent avant de se fuir. 

On arrive devant son train, on s’abandonne ici, avec nos masques sur le visage.

Il me demande plus tard à quoi je pensais dans ces escalators. Je n’ai pas su pour lui. Moi, je pensais au fait que je faisais presque sa taille, deux marches en-dessous… Et j’avais gardé pour moi cette remarque qui me faisait rire mais pouvait être vexante. Je sais parfois me tenir.

Mais j’adore le fait qu’il me demande à quoi je pensais, qu’il soit attentif à nos échanges muets. J’aime aussi le fait qu’il ose alors qu’il fait ma taille à une marche près, que je n’ai pas pris autant de kilos que lui pendant ce confinement et que j’ai 10 ans de moins que lui. Je me dis qu’il a de l’assurance sous le pied ou qu’il est follement porté par son envie.

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